L’éjaculation féminine et le squirt
Squirt, éjaculation féminine, cyprine : ces trois phénomènes sont souvent confondus, et le porno n’aide pas à y voir clair. Faisons le point, sans tabou et sans promesse, sur ce qu’ils sont vraiment, leurs différences, et comment certaines femmes y parviennent.
L’éjaculation féminine
L’éjaculation féminine désigne l’émission d’un petit volume de liquide (de l’ordre d’un millilitre) par les glandes de Skene, parfois surnommées « prostate féminine », situées autour de l’urètre. Ce liquide est blanchâtre et légèrement épais, et sa composition se rapproche de celle du liquide prostatique masculin, avec notamment des traces de PSA et de glucose.
Sa particularité, c’est qu’il est si discret qu’il passe souvent totalement inaperçu : beaucoup de femmes en font l’expérience sans le savoir, car le volume est minime et se mêle aux autres sécrétions. Selon les études, ce phénomène concernerait une part importante des femmes, peut-être la majorité. Rien à voir, donc, avec l’image spectaculaire qu’on en a parfois.
Le squirt (émission fontaine)
Le squirt, ou émission fontaine, correspond à l’expulsion d’un volume bien plus important de liquide clair, parfois plusieurs dizaines de millilitres. Les travaux par échographie ont montré que ce liquide provient de la vessie, qui se remplit rapidement pendant la stimulation puis se vide au moment de l’émission. C’est ce qui explique le volume et l’aspect très liquide, à l’opposé du petit jet laiteux de l’éjaculation féminine.
Le squirt est nettement moins fréquent que l’éjaculation féminine, et il survient généralement lors d’une stimulation intense du point G. Les deux phénomènes peuvent d’ailleurs coexister : il arrive qu’un squirt contienne aussi un peu de la sécrétion des glandes de Skene. Autrement dit, ce ne sont pas deux cases étanches, mais deux mécanismes distincts qui se croisent parfois.
Les différences en un tableau
| Phénomène | Origine | Volume | Aspect |
|---|---|---|---|
| Éjaculation féminine | Glandes de Skene | Faible (~1 ml) | Blanchâtre, épais |
| Squirt | Vessie | Important | Clair, très liquide |
| Cyprine | Glandes de Bartholin | Variable | Transparente (lubrification) |
La cyprine, souvent citée elle aussi, n’est ni l’une ni l’autre : c’est la lubrification naturelle du vagin, produite par les glandes de Bartholin pendant l’excitation.
Est-ce de l’urine ?
C’est la question qui revient le plus. La réponse honnête est nuancée : le liquide du squirt provient de la vessie et contient des marqueurs urinaires (urée, créatinine, acide urique), mais aussi parfois des traces de la sécrétion des glandes de Skene. On peut le décrire comme une urine très diluée, sans rapport avec une envie d’uriner classique. Le débat scientifique n’est pas totalement tranché, mais une chose est sûre : il n’y a aucune raison d’en avoir honte.
Le point G, zone clé
Les deux phénomènes sont étroitement liés à la stimulation du point G. Cette zone se situe sur la paroi avant du vagin (côté ventre), à environ 4 à 5 cm de l’entrée. Au toucher, elle est un peu plus rugueuse que le reste, et elle gonfle légèrement quand l’excitation monte, car elle entoure justement les glandes de Skene. Pour la stimuler, le geste classique est celui du doigt « qui fait signe de venir », ou un vibromasseur point G à la tête courbée, conçu exactement pour cet angle. C’est en combinant cette pression rythmée avec la stimulation du clitoris que les sensations sont les plus fortes.
Comment y parvenir
Aucune méthode n’est garantie, et c’est normal de ne jamais l’expérimenter. Le squirt ne se force pas : il survient quand le corps est très excité et totalement détendu. Pour celles qui veulent explorer, voici les conditions qui reviennent le plus souvent dans les témoignages.
Préparez le terrain
Videz la vessie avant, hydratez-vous, posez une serviette pour être totalement détendue et sans crainte de « lâcher ».
Montez l’excitation
Prenez le temps des préliminaires et de la stimulation du clitoris : un haut niveau d’excitation est la base.
Stimulez le point G
Sur la paroi avant du vagin, à quelques centimètres de l’entrée, avec un doigt en crochet ou un vibromasseur point G.
Acceptez la sensation
Une envie d’uriner peut survenir : c’est normal et c’est souvent le signe que ça monte. Lâchez prise au lieu de vous retenir.
Deux éléments comptent autant que la technique : la détente et la respiration. Un corps crispé retient, un corps relâché laisse venir. Respirez profondément, ne cherchez pas à contrôler, et concentrez-vous sur le plaisir plutôt que sur le résultat. En couple, un partenaire à l’écoute, qui maintient un rythme régulier sans changer dès que ça monte, fait une vraie différence. Et si rien ne se produit, ce n’est ni un échec ni le signe que vous « faites mal » : c’est juste que toutes les femmes ne squirtent pas, point.
Les mythes à oublier
Le squirt du porno, en geyser spectaculaire, est largement mis en scène. Dans la réalité : toutes les femmes ne squirtent pas, le squirt n’est pas un indicateur de plaisir « supérieur », et il n’accompagne pas forcément l’orgasme. Bref, ni performance à atteindre, ni norme. Le plaisir ne se mesure pas en millilitres.
Faut-il vraiment chercher à squirter ?
Avec sa mise en avant dans le porno, le squirt est devenu pour certaines une sorte d’objectif à atteindre, voire une source de complexe. Remettons les choses à leur place : le squirt n’est ni une preuve de plaisir, ni un niveau supérieur de sexualité. Beaucoup de femmes vivent des orgasmes intenses sans jamais squirter, et c’est tout aussi épanouissant. Si l’idée vous amuse, explorez-la par curiosité et par jeu, sans pression de résultat. Et si ça ne vient pas, ce n’est ni un échec ni une anomalie : votre plaisir vous appartient, sous toutes ses formes.
Questions fréquentes
Le squirt, est-ce de l’urine ?
Quelle différence entre éjaculation féminine et squirt ?
Toutes les femmes peuvent-elles squirter ?
Le squirt accompagne-t-il forcément l’orgasme ?
Où se trouve le point G ?
Quelle quantité de liquide est expulsée ?
Le squirt s’apprend-il ?
Faut-il vider sa vessie avant ?
Nos articles s’appuient sur des sources fiables, dans un esprit factuel et déculpabilisant.






